“Dis moi Julie, quel est le point commun que tu retrouves chez tes consultants au quotidien ?” m’a demandé un jour une amie. “ Ils mangent trop mal?”

Je n’ai pas eu besoin de réfléchir longtemps à la réponse : Le trauma!
Je suis chaque jour sidérée de voir qu’au fil de nos échanges empathiques, les consultants me livrent leur passé souvent difficile, avant la maladie .
Sans connaître aucun mécanisme ils disent eux mêmes des phrases du genre “ avant ça ou ça, tout allait bien ….” Quand ce ne sont pas eux qui se livrent, souvent nous ( thérapeutes) pouvons comprendre certaines choses au regard de la clinique. Il n’est pas rare que je pose ouvertement la question, qui conduira souvent dès le premier regard, à me faire comprendre que la vie a basculé un jour …. pour finir par une cascade qui amène ce consultant dans cette pathologie chronique.
Je viens de terminer un bel ouvrage que je vous conseille de lire Le corps n’oublie rien qui m’a donné l’envie de vous faire cet article .
Les traumatismes, qu’ils soient physiques, psychologiques ou émotionnels, jouent un rôle complexe et significatif dans l’apparition et l’évolution de diverses maladies. Comprendre cette relation est crucial pour élaborer des approches thérapeutiques efficaces et holistiques.
La maladie de Lyme dans sa forme chronique ne diffère pas de l’approche d’autres maladies. Souvent la tique est venue réveiller, chez certaines personnes, les traumatismes qui avaient déjà envahi le corps et l’esprit et qui attendaient juste une bombe pour…exploser! ( jai dit souvent, pas toujours !)
1. Mécanismes détaillés par lesquels les traumatismes influencent la santé
A. Réponse au stress et système immunitaire
Lorsque le corps subit un traumatisme, il active l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien (HHS) et le système nerveux sympathique. Voici comment cela se déroule en détail :
- Activation de l’axe HHS : L’hypothalamus libère de la corticotrophine (CRH), stimulant la glande pituitaire à sécréter de laadrénocorticotrophine (ACTH), qui à son tour stimule les glandes surrénales à produire du cortisol.
- Effets du cortisol : Le cortisol est une hormone du stress qui prépare le corps à répondre à une menace. En cas de traumatisme chronique, des niveaux élevés de cortisol peuvent provoquer une immunosuppression, augmentant la susceptibilité aux infections et réduisant la capacité du corps à combattre les agents pathogènes.
- Activation du système nerveux sympathique : En parallèle, le système nerveux sympathique libère de l’adrénaline et de la noradrénaline, augmentant la fréquence cardiaque, la pression artérielle et préparant les muscles à une action rapide. Une activation prolongée peut entraîner une hypertension chronique et des troubles cardiovasculaires.
B. Inflammation chronique
Les traumatismes peuvent entraîner une inflammation systémique chronique par les mécanismes suivants :
- Production de cytokines pro-inflammatoires : Le stress chronique peut augmenter les niveaux de cytokines telles que le TNF-alpha, l’interleukine-6 (IL-6) et l’interleukine-1 bêta (IL-1β). Ces molécules signalent une réponse inflammatoire persistante qui peut endommager les tissus sains.
- Stress oxydatif : Les traumatismes augmentent la production de radicaux libres, entraînant un stress oxydatif qui peut endommager les cellules et les tissus. Le stress oxydatif est impliqué dans le vieillissement prématuré et dans la pathogenèse de maladies chroniques comme le cancer et les maladies neurodégénératives.
C. Changements épigénétiques
Les traumatismes peuvent induire des modifications épigénétiques qui affectent l’expression des gènes sans changer la séquence ADN :
- Méthylation de l’ADN : Les traumatismes peuvent modifier les patterns de méthylation de l’ADN, activant ou désactivant certains gènes. Par exemple, une hyperméthylation des gènes suppresseurs de tumeurs peut augmenter le risque de cancer.
- Modification des histones : Les changements dans les modifications des histones peuvent affecter la compaction de l’ADN et la transcription des gènes, influençant la susceptibilité à des maladies telles que la dépression et les troubles anxieux.
D. Dysrégulation du microbiote
Le microbiote intestinal joue un rôle clé dans la santé globale et peut être affecté par le stress et les traumatismes :
- Altération de la flore intestinale : Le stress peut réduire la diversité microbienne et augmenter la croissance de bactéries pathogènes, conduisant à une dysbiose. Cette dysbiose est liée à des maladies gastro-intestinales, métaboliques et même neurologiques.
- Immunité et inflammation : Un microbiome déséquilibré peut perturber la barrière intestinale, permettant aux toxines et aux bactéries de pénétrer dans le système sanguin, déclenchant une réponse immunitaire et inflammatoire.
2. La micronutrition pour gérer les impacts des traumatismes
La micronutrition peut jouer un rôle essentiel dans la réduction des effets néfastes des traumatismes sur la santé en soutenant le système immunitaire, en réduisant l’inflammation et en rétablissant l’équilibre du microbiote.
A. Soutien du système immunitaire
- Vitamine D : Elle joue un rôle crucial dans la modulation du système immunitaire. La vitamine D aide à renforcer les défenses naturelles du corps et à réguler la réponse inflammatoire.
- Zinc : Un minéral essentiel pour le bon fonctionnement du système immunitaire. Il aide à la production et à l’activation des lymphocytes T, qui sont importants pour combattre les infections.
B. Réduction de l’inflammation
- Acides gras oméga-3 : Présents dans les poissons gras, les graines de lin et les noix, les oméga-3 ont des propriétés anti-inflammatoires. Ils peuvent réduire les niveaux de cytokines pro-inflammatoires et aider à moduler la réponse inflammatoire.
- Curcumine : Un composé actif du curcuma, la curcumine possède de puissantes propriétés anti-inflammatoires et antioxydantes. Elle peut inhiber les molécules inflammatoires et réduire le stress oxydatif.
- Resvératrol : Un antioxydant trouvé dans les raisins rouges et les baies, le resvératrol a des effets anti-inflammatoires et peut protéger les cellules contre les dommages oxydatifs.
C. Soutien du microbiote
- Probiotiques : Les suppléments probiotiques peuvent aider à restaurer l’équilibre du microbiome intestinal. Des souches comme Lactobacillus et Bifidobacterium sont particulièrement bénéfiques pour la santé digestive et immunitaire.
- Prébiotiques : Les fibres prébiotiques, présentes dans les aliments comme l’ail, l’oignon, les asperges et les bananes, nourrissent les bonnes bactéries intestinales et favorisent une flore intestinale saine.
- Polyphénols : Ces composés, présents dans les fruits, les légumes, le thé vert et le chocolat noir, peuvent moduler le microbiome et réduire l’inflammation.
D. Gestion du stress oxydatif
- Vitamine C : Un puissant antioxydant qui aide à neutraliser les radicaux libres et à protéger les cellules contre le stress oxydatif.
- Vitamine E : Un autre antioxydant important qui protège les membranes cellulaires contre les dommages oxydatifs.
- Sélénium : Un oligo-élément essentiel qui joue un rôle dans la défense antioxydante du corps en participant à la production de glutathion peroxydase, une enzyme antioxydante.
- Plantes anti stress voir sérotoninergiques : j’adore travailler avec du safran et du Griffonia quand le consultant le peut et n’est déjà pas sous médicaments allopathiques.
3. Approches intégratives pour la gestion des traumatismes
Les interventions en micronutrition doivent être intégrées dans une approche globale de gestion des traumatismes. Le corps demande a ce stade une prise en charge globale pour se relever et se réparer.
Voici quelques stratégies complémentaires :
A. Psychothérapie
- Thérapie cognitivo-comportementale (TCC) : Aide à modifier les pensées et comportements négatifs associés aux traumatismes.
- Thérapie de l’acceptation et de l’engagement (ACT) : Favorise l’acceptation des expériences traumatiques et l’engagement dans des actions cohérentes avec les valeurs personnelles.
- EMDR (désensibilisation et retraitement par les mouvements oculaires) : Utilisée spécifiquement pour traiter le trouble de stress post-traumatique (TSPT).
B. Techniques de réduction du stress
- Méditation et pleine conscience : aident à réguler la réponse au stress et à améliorer la résilience émotionnelle.
- Yoga et exercices de respiration : Réduisent le stress, améliorent la flexibilité et la force, et favorisent une relaxation profonde.
Conclusion
Les traumatismes jouent un rôle complexe dans l’apparition et l’évolution de nombreuses maladies à travers des mécanismes biologiques détaillés, y compris la réponse au stress, l’inflammation chronique, les changements épigénétiques et la dysrégulation du microbiote.
La micronutrition, en tant qu’approche complémentaire, peut aider à atténuer ces effets en soutenant le système immunitaire, en réduisant l’inflammation et en équilibrant le microbiote.. En intégrant ces interventions dans une approche globale qui inclut la psychothérapie, les techniques de réduction du stress, il est possible de mieux gérer et traiter les maladies liées aux traumatismes, améliorant ainsi la qualité de vie des patients.
Il est souvent important à mon sens, de soulever ce problème de “traumatisme” afin que le consultant comprenne qu’il faut accompagner sa pathologie, mais pas que…
Ce que nous souhaitons, ce que je souhaite par-dessus tout, en tant que grande passionnée de santé, c’est que mon consultant, revive, qu’il comprenne, et qu’il gère au mieux son corps , afin qu’un jour la maladie , comme le reste puisse ….dormir!
Je précise tout de même que le traumatisme est propre à chacun et qu’il n’y a pas de notion définie. Même s’il existe toujours “ plus grave”, il est important de comprendre que c’est NOTRE traumatisme et notre vécu, notre sensibilité qui diffère d’un individu à l’autre .
A titre personnel et pour clôturer cet article, je me souviens suite à mon séjour en soin intensif cardiologique, partager ma chambre avec des personnes âgées qui lorsque je pleurais les larmes de mon corps , comprenant ainsi que j’avais frôlé la mort, et sentant bien ma vie avoir pris un tournant,je les revois encore me dire:
“tu en verras d’autres ma petite! tu as fait un arrêt mais tu es là! on s’en fou ….”
Un individu sur une situation similaire n’aura pas forcément le même impact post-traumatique.
L’essentiel étant de le prendre en considération.
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